Mardi, 08 Décembre 2009 10:26
 Rien ne prédestinait Yvon Ledanois, aujourd'hui directeur sportif de l'équipe Caisse d'Epargne au vélo, ni sa famille, ni ses goûts, et pourtant ce sport est devenu toute sa vie.
« Lorsque j'étais gosse, c'est le foot qui m'intéressait, et rien que le foot ! Seulement voilà, j'avais des copains qui pratiquaient le cyclisme en compétition et un jour comme ça, sur un coup de tête, en fait un pari parce que l'un d'entre eux avait dit que je n'étais pas capable d'être coureur cycliste, j'ai pris une licence pour courir avec eux ! »
« Ce fut le début d'une passion qui n'a fait que se renforcer jusqu'à aujourd'hui ! Et je lui ai prouvé à mon copain que j'étais bien capable de moi aussi faire autre chose que jouer au foot ! »
« C'est dans la région parisienne à Villevaudée, tout près du domaine d'Euro Disney, lequel n'existait pas encore à l'époque, que j'ai disputé ainsi ma première course, dans la catégorie des cadets. Sans entraînement et avec un vélo qui n'était pas du tout ma mesure, lequel m'avait été prêté par un copain. »
« La plupart des autres concurrents en étaient à leur deuxième ou troisième année de compétition. Bien sûr, je n'ai pas gagné, mais je n'ai pas du attendre longtemps pour le faire car le dimanche suivant à Aubervilliers, pour ma deuxième compétition, je me suis imposé en solitaire avec 1'30'' d'avance. »
« Pour en revenir à la première, nous étions entre 60 et 70 concurrents au départ pour accomplir une soixantaine de bornes sur un parcours vallonné. »
« Nous sommes arrivés à trois devant et j'ai pris la troisième place du groupe sur la ligne d'arrivée. J'étais très petit pour mon âge et je mesurais sans doute au moins 25 centimètres de moins que mes deux compagnons d'échappée, mais j'ai prouvé ce jour-là que ce n'est ni la taille ni le matériel qui importe mais la motivation et l'abnégation.







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Mardi, 01 Décembre 2009 18:17
Pablo Lastras est l'un des coureurs qui avec José Vicente Garcia Acosta et Iván Gutiérrez, a le plus d'expérience au sein de la formation dirigée par Eusebio Unzúe. Et pourtant le madrilène est toujours aussi avide d'enfourcher sa bicyclette et il n'entend pas de si tôt mettre un terme à sa carrière de coureur professionnel.
« J'ai un souvenir très précis de ma première course », explique Pablo. « C'est celui du sentiment de vitesse incroyable qui m'a envahi tout entier à cette occasion. Je n'avais que sept ans et pourtant j'expérimentais une étrange sensation de liberté. Elle ne m'a toujours pas quitté aujourd'hui et c'est toujours avec le même bonheur, après autant d'années passées chez les pros, que je pratique aujourd'hui le cyclisme de compétition. »
« Après la course, au départ de laquelle nous étions une bonne trentaine de gamins, chaque participant a reçu pour tout prix un sandwich au jambon et c'était pour nous la plus belle des récompenses ! Je ne me souviens pas à quelle place j'ai terminé ma première course mais en fait peu m'importait car j'avais ce jour-là découvert ma vocation et une passion qui ne m'a jamais quittée depuis.»
« Je faisais alors partie de l'école de cyclisme de mon village, San Martín de Valdeiglesias, où mon oncle Remigio, un cyclotouriste infatigable puisqu'aujourd'hui encore il enfourche chaque jour sa bécane pour parcourir de longs kilomètres, m'avait inscrit en même temps que mon frère et un cousin. »
« J'ai chez moi j'ai aménagé un mini musée où j'ai mis en évidence quelques trophées, photos ainsi que mon tout premier vélo. De couleur bleu ciel il avait un seul plateau et rien que trois pignons. Sans compter qu'avec ses treize kilos d'acier pur, il paraissait peser une tonne ! »
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Jeudi, 26 Novembre 2009 16:02
 Deux coureurs manquent encore à l'appel pour vous raconter cette grande journée que fut leur première course, en l'occurrence Pablo Lastras et Iván Gutiérrez, mais en attendant qu'ils mettent la main sur les photos de leurs débuts, nous les directeurs sportifs qui attendons de vous raconter cette fameuse journée, avons décidé de prendre notre tour et c'est moi qui ai l'honneur de commencer.
Lorsque je revois cette photo qui date de l'époque où j'étais junior, je me dis que le temps passe vraiment très vite et tout cela sans que l'on s'en rende compte !
Je me souviens parfaitement de la date de ma première course puisque c'était un 15 août, jour de fête en Espagne comme dans de nombreux autres pays. J'avais 15 ans et c'est dans un petit village nommé Luquín, juste côté de la ville d'Estella où se déroule de nos jours le Grand Prix Miguel Indurain au mois d'avril que j'ai eu l'honneur d'effectuer mes premiers kilomètres en compétition.
J'ai une très mauvaise mémoire en général et je ne me souviens par exemple absolument pas de ma place sur la ligne d'arrivée ! Enfin, je me dis que je n'ai sans doute pas gagné, car cela au moins je m'en souviendrais !
Je me rappelle par contre très bien d'autres détails, comme par exemple de mon premier vélo. C'était une bicyclette orange de la marque Regina, qu'un de mes oncles qui effectuait de nombreux séjours en France m'avait achetée là-bas. Il avait payé la moitié et moi j'avais mis l'autre partie en puisant dans mes économies. Ce que je n'ai pas oublié non plus, c'est que ce vélo pesait fort lourd, mais pour un début, c'était tout de même un bon engin.
De plus, ce vélo était assorti à mon maillot, orange lui aussi et à la casquette que j'étais tout fier de porter sur la tête ce jour-là. C'était une vraie casquette de pro de l'équipe BIC ! Selon ce même oncle, qui me l'avait ramenée de France en même temps que le vélo, elle avait appartenu à un coureur professionnel, un certain xxx Labourdet. Vous pouvez imaginer à quel point le jeune garçon que j'étais alors se sentait fier !
Je ne me souviens plus du résultat obtenu lors de ma première course, c'est vrai, mais cela ne devait pas être si mal que cela puisque quelques années plus tard j'avais la chance de passer professionnel ! Et depuis lors, jamais je n'ai quitté ce monde du cyclisme que j'aime tant.
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Lundi, 16 Novembre 2009 10:45
 Je suis certain que si vous aviez vu cette photo sans savoir qui était le garçon grassouillet qui, pour sa deuxième participation à une course cycliste remportait déjà sa première victoire, jamais vous n'auriez deviné qu'il s'agissait de moi, Alejandro Valverde.
Et oui, c'est bien le même coureur qui est aujourd'hui tellement soucieux de sa ligne et angoisse dès qu'il prend un kilo !
J'avais neuf ans lorsque j'ai pris part à ma première course. Pour m'amuser, je vous le dis tout de suite, car alors loin de moi alors l'idée de devenir un jour coureur professionnel. Avec un père et un oncle qui faisaient un peu de compétition et m'avaient inscrit dans l'école de cyclisme de Puente Tocinos dès mon plus jeune âge, le vélo était néanmoins le sport roi à la maison et la télé était allumée chaque fois qu'était diffusée une course.
Pour la rigolade ou pas, il n'empêche que je me souviens que j'étais extrêmement nerveux avant que le départ ne soit donné ce jour-là dans un petit village de ma région natale de Murcie !
Une nervosité malgré tout relative car les autres coureurs m'avaient prévenu avant le départ que la victoire était de toute façon impossible. En effet, le même jeune garçon remportait invariablement toutes les courses depuis l'année précédente et il n'y avait absolument rien à faire pour le devancer.
Et sur un circuit tout plat, avec une bonne vingtaine de participants sur la ligne de départ, je me suis juré que j'étais celui qui y parviendrait. Je ne l'ai pas fait ce jour-là, devant me contenter de la seconde place, mais et dès le dimanche suivant, j'y suis parvenu !
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Jeudi, 12 Novembre 2009 15:56
 Mon tour est venu de vous parler de ma première course. Contrairement à mes coéquipiers je n'ai pas de photos de cette époque à vous présenter. C'est dans l'espoir de pouvoir le faire que j'avais retardé le plus possible ce moment, mais finalement ce ne sera pas possible.
Ces photos existent bien mais elles se trouvent quelque part dans le grenier de mes parents en Biélorussie et il ne me sera pas possible d'aller là-bas avant un certain temps encore afin de pouvoir les chercher et les partager avec vous. Qui sait, peut-être l'année prochaine ? Il n'est jamais trop tard !
Un peu comme la plupart des jeunes athlètes provenant des pays de l'Est, j'ai pratiqué pas mal de disciplines sportives avant d'en venir au cyclisme et rien qu'au cyclisme. Et c'est la piste qui m'a tout d'abord attiré et où j'ai disputé ma première compétition, près de chez moi à Richeza, dans ma Biélorussie natale.
Dans nos pays, contrairement sans doute au pays du sud de l'Europe, la piste attire plus les jeunes coureurs que la route, en tout cas dans un premier temps. Les conditions climatiques y sont sans aucun doute pour beaucoup. En effet, alors qu'il est possible pendant plusieurs mois de s'entraîner sur un vélodrome, il est tout à fait impossible de le faire sur la route.
J'étais cadet encore en ce temps-là et étant quelqu'un de tranquille de nature, je ne me souviens pas avoir connu de stress particulier à l'heure de donner mes premiers coups de pédale en compétition. Ce sang froid m'a sans doute valu les nombreux titres que j'ai remportés sur piste plus tard et notamment le titre de champion du monde de la course aux points l'année dernière.
Je n'ai donc jusqu'à cette année, jamais vraiment délaissé la piste, même si avec les années et ma venue en Italie d'abord et en Espagne ensuite, la route a progressivement pris el dessus.
Il y a quinze jours j'ai tout de même participé a la première Coupe du Monde de la saison, laquelle était organisée sur la piste de Manchester. Il s'agissait surtout d'un moyen de rester en activité pendant l'hiver plus que de penser à réellement y faire un résultat car je manque d'entrainement sur la piste.
Il n'empêche, en me retrouvant là alors que je fais maintenant partie de l'équipe Caisse d'Épargne, j'ai juste avant que ne soit donné le départ de la finale, repensé à ma première course, chez moi en Biélorussie, et pendant quelques secondes j'ai été réellement ému en pesant au chemin parcouru depuis lors.
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Mercredi, 21 Octobre 2009 08:13
 Lui qui avait fait de Paris-Nice le principal objectif de sa saison 2010, il a fini par s'imposer à Nice au terme d'un duel avec Alberto Contador. Lui qui souhaitait rééditer son exploit de l'année dernière en remportant à nouveau une étape du Tour de France, il y est parvenu au terme d'une étape orchestrée de main de maître et faisant preuve d'un parfait sang-froid.
Lui, c'est Luis León Sánchez, un jeune homme au caractère bien trempé qui sait ce qu'il attend et ce qu'il veut de la vie ; un jeune homme fait pour le vélo et qui n'en a jamais douté.
« Je n'avais que cinq ans lorsque j'ai participé à ma première course et j'ai eu de la chance car l'école de cyclisme dont je faisais partie a accepté de faire une exception avec moi. En réalité, les enfants devaient attendre d'avoir six ans avant de recevoir le droit de prendre le départ de leur première compétition. »
« Je vous avoue que cela s'est passé il y a tellement longtemps que je en me souviens pas grand-chose de ce jour-là et encore moins de la course en elle-même, si ce n'est que mon père, ma mère et mes frères étaient à mes côtés ce jour-là pour m'encourager. Nous avons toujours été une famille très unie et cela n'a pas changé aujourd'hui, que du contraire. »
« En Espagne les jeunes garçons se dirigent généralement plutôt vers le foot mais dans ma famille, bien qu'aujourd'hui un de mes frères joue en Ligue 1 du championnat espagnol, le cyclisme a toujours détrôné le ballon rond. Ce qui est chose plutôt rare, surtout dans notre région de Murcie. »
« Lorsque je regardais la télé, ce qui m'intéressait c'était de voir Miguel Indurain dominer tout le monde sur les routes du Tour et je rêvais du jour où moi aussi je serais un coureur professionnel. J'étais bien loin alors de me douter qu'un jour je serais recruté par l'équipe dont il faisait partie à l'époque. »
« Je n'ai pas remporté ma première course mais par la suite je me suis imposé à plusieurs reprises au cours de la saison et j'ai même été sacré champion de Murcie de ma catégorie. Pourtant c'était avant tout pour le plaisir que je pédalais plutôt que de rechercher la victoire à tout prix. Et c'est toujours ma philosophie aujourd'hui. »
« Cette époque représente d'ailleurs un tellement bon souvenir que je ne me suis jamais défait de ma première bicyclette -elle était bicolore grise et jaune. Elle est dans un coin de la maison, mais bien à vue et il n'est pas rare que j'aille lui jeter un coup d'œil ! »
Retrouver les photos des premières courses des coureurs de la Caisse d'Epargne
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