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Le mont Chauve

Samedi, 25 Juillet 2009 16:38
banniere-histoire-lafargueCe Tour a tardé à démarrer, à nous passionner, les Pyrénées sabordées, les Vosges décevantes, la domination des Astana, le manque de combativité de certains leaders, la peur du Ventoux la veille de l'arrivée sur les Champs Elysées. Bref, la montée de Contador sur Verbier nous a redonné du piment à tous. Les gazettes et commentateurs ont enfin repris du poil de la bête. C'est qu'un Tour sans scandale et une France toujours aussi belle ça n'en arrange pas certains...

On pensait le suspense encore possible jusqu'à ce fameux samedi et cette arrivée au sommet du Ventoux où tout pouvait encore arriver.

stage20_004Le Géant de Provence fait peur au coureur. Impossible d'y prendre véritablement ses repères à cause de la météo. Le vent, le mistral, la chaleur, le brouillard. Tu suffoques ou tu grelottes. Là-haut, à l'Observatoire on manque d'air, on est quand même à 1900 mètres.

A partir du Chalet-Reynard, côté Bédoin, plus de végétation, plus un arbre, seulement de la caillasse, paysage lunaire.

Et le vent, souvent de face, rappelez-vous d'Alejandro Valverde dans le dernier Dauphiné. La fraîcheur physique après trois semaines de course et les 150 premiers kilomètres ont compté énormément.

Alberto Contador a finalement contrôlé la situation dans ce site chargé d'histoire et de légende depuis son apparition dans le Tour en 1951.

ventoux-simpsonIl rejoint ainsi les pages écrites par Louison Bobet, Eddy Merckx, Jean François Bernard, Marco Pantani, Bernard Thévenet et le pauvre Tom Simpson décédé sur les pentes du mont Chauve en 1967.

Demain grande parade et arrivée à Paris pour les156  rescapés.

En souhaitant que ces quelques lignes quotidiennes vous aient satisfait et remémoré quelques passages de notre grand livre d'histoire du Tour... de la France, j'en profite pour remercier Arnaud, Eric, Michel, Marc, Jean et Pascal Sergent pour leur étroite collaboration.

 
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L’Ardèchoise

Vendredi, 24 Juillet 2009 15:34
banniere-histoire-lafargueAu départ de Bourgoin Jallieu, célèbre pour son équipe de rugby du top 14 et qui a vu débuter un certain Sébastien Chabal, les sourires accompagnaient les visages des 158 rescapés. Fini les Alpes ! On descend vers le sud, la Provence, comme le Rhône et son mistral...mais plane tout de même l'ombre du Mont-Ventoux qui les attend demain samedi.

Ultime opportunité pour décrocher une victoire d'étape pour les équipes encore bredouilles... Ces départementales parcourues sur le Dauphiné Libéré sont parfaites pour les échappés et les baroudeurs qui ont coché l'étape sur leur livre de route. Ils sont nombreux, voilà le hic !

Après Romans, les routes de la Drôme et le Rhône que l'on longe par sa rive droite. La Voulte, souvenir de rugby encore avec les frères Lilian et Guy Cambérabéro au temps de la télé en noir et blanc et de Roger Couderc... L'Ardèche nous attend.

Figurez-vous que la plus importante randonnée cyclosportive de l'hexagone se dispute à Saint-Félicien en juin. Encore plus de 13 000 participants cette année ça mérite tout de même un coup de chapeau.

Mais c'est Aubenas, perché sur un éperon calcaire et dominant la vallée de l'Ardèche et qui respire la douceur de vivre qui est à l'honneur.

Une belle victoire d'étape pour Mark Cavendish. En 1966 Johann De Roo avait triomphé et en 1968 Lucien Aimar avait remporté un Championnat de France toujours à Aubenas.

 
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Les vedettes dans l'étape reine

Mercredi, 22 Juillet 2009 16:00
banniere-histoire-lafargueSi sur les 50 kilomètres d'ascension de la journée nous n'avions pas assisté à du spectacle alors oui, on aurait pu déprimer. Mais le Tour de France se joue dans la montagne et les Alpes offraient un terrain idéal avec dès le départ, le dur Cormet de Roselend et sa descente périlleuse sur Beaufort.

On enchaînait avec le col des Saisies avec Thor Uschovd, échappé solitaire qui passait Sallanches où réside le toujours discret Charly Mottet, avec un avantage de 2 minutes sur un premier groupe et plus du double sur le peloton. L'inédit et difficile col de Romme nous conduisait alors au col de la Colombière par le Reposoir soit son côté le plus pentu et encore 9 kilomètres de montée avant de plonger sur le Grand-Bornand.

Tous ces noms devenus familiers pour nous, suiveurs de nombreux Tours (27 pour ma part) et Dauphinés Libérés, ne peuvent nous laisser indifférents. On sait à l'avance qu'un coureur, un leader qui a la moindre faiblesse la paiera cash. Le suspense tant attendue avec cette fameuse arrivée de samedi au sommet du Ventoux a commencé.
Ainsi on a assisté aux défaillances de Carlos Sastre et Cadel Evans que personne n'attendaient, à la confirmation des frères Schleck. Les forces sont entamées et tout peut arriver dans les Alpes.

David ArroyoDerrière, l'autobus ou le « grupetto » qui permet aux non grimpeurs de rallier l'arrivée dans les délais, aujourd'hui de 40 minutes, a fonctionné pourde nombreux coureurs. Ainsi va la vie du peloton en 2009.

Une discussion personnelle avec Raphaël Géminiani cet hiver me revient à l'esprit :

« Le respect du maillot devant le public et les radios et journalistes nous empêchait de terminer dans le « grupetto », aujourd'hui ils sont encore 70.

Pareil pour les belges, les italiens et les espagnols, avec le maillot national tu appartiens au public. Enfin on avait 60 français au départ du Tour, une équipe nationale et 5 régionales et 40 restaient à la maison SVP. C'était ça la richesse du cyclisme. On avait faim et la sélection se faisait à la pédale. Les journalistes avaient leur mot à dire, on ne peut plus comparer avec ce que je vois... »

Sempiternelle nostalgie et excellent Géminiani qui a dû bouillir devant sa télé depuis Monaco.

C'est vrai « qu'on trimballe les coureurs en bus comme des vedettes et qu'à l'époque ils prenaient le train en seconde classe», ajoutait-il.

Allez donc expliquer ça à la vedette américaine Armstrong.

 
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Saint-Bernard : le bon Samaritain

Mardi, 21 Juillet 2009 16:05
banniere-histoire-lafargueAprès une journée de repos en Suisse, le peloton a repris la route des Alpes pour rejoindre Bourg-Saint-Maurice via la vallée d'Aoste en Italie. Aoste où Fausto Coppi s'illustra sur le Tour 1949.

La fin de semaine s'annonçant terrifiante, les favoris ont laissé filé des coureurs pas dangereux au général, des italiens, bien entendu, désireux de rentrer les premiers dans leur pays et des équipiers partis en éclaireurs.

Le col du Grand Saint-Bernard (2473m.) n'en finissait pas avec ses 25 kilomètres de montée. Ce n'était qu'un début car son voisin le col du Petit-Saint-Bernard cette fois (2184m.) annonçait 22 kilomètres d'ascension supplémentaires avant de plonger sur Bourg-Saint-Maurice.

20-07-09-tour-descanso-2029Ce nom évoque pour moi un souvenir un peu amer puisqu'en 1996 Miguel Indurain était lâché du groupe de tête dans la montée sur les Arcs toute proche. C'était la fin d'une époque. Les Alpes n'ont pas fini de nous réserver des surprises...

Au sommet du premier col, un hospice où a été créé la race de chien Saint-Bernard et l'occasion de rendre hommage aux bons samaritains du peloton : les fidèles et dévoués équipiers toujours présents aux côtés de leurs leaders.

Au palmarès, et ils sont pourtant très nombreux, une photo de 1949. Gino Bartali, vainqueur en 1938 et 1948, offrant son bidon au jeune Fausto Coppi. Tout un symbole.
J'imagine la même chose entre Lance Amstrong et Alberto Contador...

 
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La course enfin !

Dimanche, 19 Juillet 2009 16:33
banniere-histoire-lafargueAvant la journée de repos de demain à Verbier, nous avons donc rejoint la Suisse et ses superbes paysages depuis Pontarlier. Une descente depuis les monts du Jura sur Yverdon et la traversée du canton de Vaud sur les routes romandes.

Neuf coureurs dont Yvan Gutierrez passaient en tête au contrôle de ravitaillement de Gruyères,. Pas de fromage du même nom pour autant dans les musettes, ni de chocolat, car le col des Mosses les attendait. Toujours dans le bon horaire de l'organisation et avec la précision d'une montre suisse, le peloton passe à Aigle devant le Centre Mondial de l'UCI.

pontarlier-verbierEnfin le canton du Valais et depuis Martigny toujours sous le soleil, la belle montée vers la station de ski de Verbier (9kilomètres à 7%). Une arrivée inédite pour le Tour de France, à l'inverse du Tour de Suisse.

La foule des grands jours est venu fêter le Tour et la victoire d'Alberto Contador, nouveau maillot jaune.

Bel hommage au cyclisme national encore loin de retrouver des champions à l'image de deux anciens vainqueurs. Ferdi Kubler,en 50 et doyen des vainqueurs du Tour à 90 ans et l'une des personnalités les plus populaires de son pays et Hugo Koblet « le pédaleur de charme », vainqueur l'année suivante et disparu accidentellement dan un accident de voiture à l'âge de 39 ans.

Les Alex Zulle, Pascal Richard ou Urs Zimmermen n'ont pu réaliser pareils exploits.

Les Alpes nous entourent et la fin de semaine s'annonce encore plus redoutable...un repos bien mérité pour les 162 rescapés et il sera temps pour certains de commencer à songer à la Tour Eiffel.

 
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Jean de Besançon

Samedi, 18 Juillet 2009 20:42
banniere-histoire-lafargueOn l'appelait le Vicomte, certainement parce que son patronyme comportait une particule. Jean De Gribaldy participa à deux Tours mais fut avant tout un excellent dénicheur de talents. A Besançon, sa ville natale qui nous reçoit aujourd'hui, après une carrière cycliste plus riche de souvenirs et d'émotions que de victoires, il monta un magasin de cycles.

Par la suite, il exploita également une compagnie d'avions-taxis. Il devint rapidement l'ami du caporal Johnny Halliday, appelé sous les drapeaux, qu'il transportait pour retrouver alors Sylvie Vartan à l'occasion de ses permissions.

Jean De Gribaldy en profitait pour fréquenter la vie nocturne parisienne où sa disponibilité, son affabilité et peut être sa marginalité lui permirent de se faire un solide carnet d'adresses.

Johnny Hallyday et Jean de Gribaldy
Johhny Hallyday et Jean de Gribaldy

En 1965, il monte une équipe professionnelle et ne quittera le milieu que 24 années plus tard. Personnage moderne et folklorique à la fois, le Vicomte opposait ses méthodes à la rigueur de son ancien coureur, le suisse Paul Koechli, ou de Cyrille Guimard, aujourd'hui encore le meilleur directeur sportif pour le monde du vélo.

Depuis Besançon, De Gribaldy gardait toujours un œil sur la Suisse voisine et enrôlait des jeunes talents comme Pascal Richard, Patrick Moerlen et Jean-Claude Leclercq. Parmi les grands noms qui ont couru sous ses ordres ou qu'il a découvert, on peut citer Jean Jourden, le portugais Joachim Agostinho, l'irlandais Sean Kelly, Eric Caritoux, Marcel Tinazzi , Michel Laurent et le Hollandais Stephen Rooks.

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Jean de Gribaldy et Joachim Agostinho

Les francs-comtois n'étaient pas de reste, puisque Patrick Perret, René Bittinger, Eric DallArmelina, André Chappuis et Joël Pélier doivent aussi une fière chandelle à De Gri.

Frimatic, Tigra, Wolhauser, Sem-France-Loire , Skil en 82 déjà, Hoover, Puch, Miko, Kas-Heuer, Mavic sont autant de sponsors associés au Vicomte.

A la fin des années 60, De Gribaldy complétait ses effectifs avec des coureurs indépendants - comme d'autres équipes renommées. Certains de ses coureurs, lassés d'attendre leur salaire, venaient parfois se servir directement dans son magasin de Besançon, transformé en boutique d'électroménager ! Depuis, des lois sociales plus rigoureuses ont été mises en place dans le peloton.

L'incomparable Jean aurait fêté ses 87 ans aujourd'hui. Tout un symbole.

 


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